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Rencontre avec l'artiste: Tristan Rain, peintre

Vous en quelques mots ?

Tristan Rain est un peintre et photographe suisse. Il vit depuis 1995 à Paris et est actif depuis 2000 à Berlin et depuis 2008 également avec des projets réguliers à Stockholm.

Votre singularité artistique: quels sont les thèmes majeurs que vous explorez dans votre travail ?

Il s’agit d’un travail plutôt conceptuel et systématique sur des questions de la perception humaine, le fragment, des structures, les limites du visible. Les œuvres sont souvent conçues en polyptyques et peuvent être de très grande taille. Ceci est vrai aussi pour le photographique qui porte sur un regard plus cinématographique, une caméra qui se déplace, des décadrages, des flous et structures de pixels, un jeu avec la compression et la décompression des fichiers numériques. Je cherche un regard très contemporain sur notre monde, une image issue de moi-même et non une variation de ce qui existe déjà. Je suis aussi passionné par l’histoire, l’archéologie, la cartographie, les voyages arctiques historiques…

©Tristan Rain

Votre rencontre avec l’art: comment vous vous êtes intéressé à votre medium ?

Enfant je dessinais et peignais et sculptais. Puis je me suis longtemps consacré corps et âme dans la musique (je suivais des cours de musicologie et je jouais dans divers orchestres et groupes et j’avais un groupe de jazz, je partais en tournées. Il m’est resté ce plaisir du direct, du moment décisif, de la maîtrise instantanée). En 1989-93 j’ai fait des doubles études en arts plastiques et en architecture. En 1994 j’avais un atelier à Vienne (Autriche) et en 1995 je suis arrivé à Paris un peu par hasard. J’ai très vite rencontré des collectionneurs et j’avais une expo solo quelques mois plus tard. Mes deux grands chocs émotionnels artistiques ont été une exposition intitulée « La naissance du Cubisme » au Musée de Bâle où j’ai grandi, et lorsque je voyageais pour la première fois à Paris en 1991 j’ai vu au musée d’art moderne une exposition El Lissitzky. Après ça j’étais définitivement sur les rails pour essayer de faire moi-même ce que je ressentais par rapport à mon époque. La peinture s’est imposée par sa richesse de matières, mais pendant des années j’ai d’abord fabriqué des maquettes en terre avant d’entreprendre la peinture que j’avais en tête. Vers 1998 j’avais réalisé ce que j’avais dans mes tripes et ce qu’il s’était accumulé durant ma jeunesse et mes années de formation. C’était difficile à dépasser. C’est à ce moment-là que c’est devenu vraiment intéressant et que je suis enfin devenu un artiste visuel professionnel.

Quelles techniques utilisez-vous ?

Plusieurs techniques, mais avant tout de la peinture à l’huile qui est d’une richesse sans équivalent. J’ajoute beaucoup d’additifs comme des sables, de la poudres de marbre, de métal, de verre, des cheveux, d’écailles de poissons. Et j’utilise également des couleurs industrielles et des outils d’autres domaines que je détourne pour mes besoins, surtout pour les structures de mes peintures qui sont épaisses et lourdes.

©Tristan Rain

Si vous pouviez inviter 2 artistes à votre table pour dîner ce soir, qui seraient-ils?

Pour un diner réussi probablement deux grands classiques qui me sont chers comme Clyfford Still et Per Kirkeby. Mais peut-être ces deux-là ne seraient pas très bavards…

Pour retrouver Tristan Rain et son travail:www.tristan-rain.com

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