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Rencontre avec l'artiste Eric Jégat, peintre

Vous en quelques mots ?

Né en Bretagne, je décide adolescent de faire les Beaux-Arts de Paris. J’ai la chance de réussir tout de suite le concours et d’y passer 5 ans en section peinture, ce n’est qu’en sortant des Beaux-arts que s’accumulèrent les médiums différents, au fil des rencontres…

Votre singularité artistique: quels sont les thèmes majeurs que vous explorez dans votre travail?

L’humain est au centre de mon travail depuis le tout début. Un anthropocentrisme qui m’a servit de prétexte pour travailler sur les ombres, qui suggèrent la proximité du sujet sans le montrer. Ou encore les empreintes que nous laissons derrière nous, jusqu’à la fossilisation.
Le Temps relie ces sujets entre eux autour du thème central de l’humain, l’emploi de la cire dans laquelle sont inclus des objets ayant pour but de figer l’instant, de le prolonger dans la fixité. Une série de peintures appelée «les Ananthropies» en référence à l’absence humaine, représentait des pâtés de sable que les enfants font sur la plage, symbole de la fugacité, de la disparition rapide. De travailler sur l’Homme ouvre une infinité de sujets, puisqu’il est le siège de la réflexion qu’il porte sur lui-même et le monde qui l’entoure.

Votre rencontre avec l’art: comment vous êtes-vous intéressé à votre médium ?

De l’aptitude innée au dessin étant enfant au concours d’entrée aux Beaux-Arts de Paris, la rencontre s’est faite dans mon propre for intérieur, dans une chimie interne mystérieuse, sans l’aide attendue des grands maîtres du passé. Mais ce n’était que l’étincelle qui a mis en mouvement la curiosité, la boulimie visuelle de tout ce qui s’était fait avant moi.

Quelles techniques utilisez-vous?

Des techniques classiques telles que la peinture à l’huile, j’ai migré vers une utilisation plus personnelle en y ajoutant des inclusions de cire, exploitant ses propriétés de transparence, peu de temps après avoir commencé à travailler le vitrail, qui n’est que transparence.
La peinture et la gravure taille-douce (en creux sur le métal) sont les deux pratiques principales de mon activité artistique, puis la sculpture, le livre d’artiste et le vitrail donc, se sont ajoutés à travers des rencontres d’artistes, d’éditeurs et de maîtres-verriers. L’éventail des techniques utilisées pour chacun de ces médiums est très vaste.

Eric Jagét; Déluge

Vous avez une baguette magique et pouvez convier deux artistes à votre table ce soir, qui seraient-ils?

S’ils sont encore de ce monde, Pierre Soulages pour la précision avec laquelle il analyse chaque aspect, chaque étape de la création de l’œuvre jusque sa conclusion.
Anish Kapoor pour l’absence de limite, dans le fond et la forme de son travail, alliant gigantisme et finesse. Deux artistes aux pratiques et aux visions à l’extrême opposé des miennes d’où mon profond intérêt à les écouter.
Si j’ai la possibilité en plus de remonter le temps, les deux artistes qui me viennent spontanément à l’esprit sont Vermeer et Léonard De Vinci. Mais finalement pour les mêmes raisons que les deux premiers : la précision tranchante de l’un et le champ d’action illimité de l’autre.

Pour découvrir Eric Jégat:http://www.ericjegat.com/

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