Interviews

Rencontre avec l’artiste: Franҫois de Verdière, peintre

Vous en quelques mots ?

Je suis né à Toulon en Avril 1944 et j’ai passé la majeure partie de mon enfance à Bordeaux. Les membres de ma famille étaient depuis longtemps guidés vers les disciplines scientifiques et les métiers d’ingénieur. Les racines bretonnes et les histoires et modèles de marins ont surement orienté mon inspiration.L’Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique, puis un master à l’Université de Californie à Berkeley en 1968 (années rêvées en Californie!) me mettent sur la route des métiers d’ingénieurs de l’informatique, de chefs de projets, de dirigeants d’équipes de high tech.
A l’âge de 42 ans le diagnostic d’une sale polyarthrite rhumatoïde me fait réfléchir sur la vie qui n’est pas si longue et décider d’abandonner progressivement mon activité d’entrepreneur en technologies avancées pour me tourner vers la création en arts visuels.Peinture, puis gravure et enfin création numérique sont progressivement abordées et forment le socle de ma création.Après deux années passées seul dans mon atelier, je souffrais de ne plus avoir de personnes à qui parler et m’échanger (collègues , clients, collaborateurs …) et j’ai cherché à retrouver ces contacts. Le travail pour la Maison des Artistes (bénévole) m’a justement permis de « sortir » de ma tanière.
Seagull 100x100 disp

Votre singularité artistique: quels sont les thèmes majeurs que vous explorez dans votre travail ?

Ma rencontre avec la création artistique est soutenue par une recherche de techniques très variées et issues d’un caractère de chercheur autour des technologies comme précisé plus loin. Par contre l’inspiration a toujours tourné autour de la mer, du patrimoine marin et la copie des vieux gréements et de la Bretagne.
J’apprécie l’introduction de l’abstraction dans la figuration mais je privilégie une composition ou le sujet initial est toujours apparent et très légèrement présent pour amener la conscience de la figure et du sujet.
Trois autres thèmes ont été aussi largement explorés durant ces années : la Chine dans les créations numériques , l’oeuvre de Giono et en particulier dans les paysages suggérés par le « Hussard sur le toit » et enfin en retour d’un voyage de Crémone à Ravines en passant par Parme et Mantoue une série iconoclaste « Les Classiques dans la rue » mêlant les thèmes les plus connus de la peinture classique italienne et les tags.
Belle Ile 8 195x114 disp

Votre rencontre avec l’art: comment vous vous êtes intéressé à votre medium ?

De façon naturelle, la découverte de la diversité des techniques possibles m’a donné l’opportunité de concevoir des compositions diversifiées. Ces recherches appliquées sont probablement le fruit inconscient de mes formations scientifiques à Supaéro et à Berkeley.

Pardon 4 100x100 disp

Quelles techniques utilisez-vous ?

Dés les premières peintures de 1997 les toiles sont préparées avec un mélange de médium acrylique et de sable de mer pour obtenir des fonds structurés intéressants. Les travaux au CNEAI (Centre National de l’Estampe) et des Arts Imprimés sont avant tout une recherche des techniques de gravure. Pour moi une découverte d’un univers passionnant mais dangereux par les techniques utilisées m’ont poussé à rechercher les technologies non-toxiques modernes appliquées à la gravure . J’ai installé dans mon atelier l’ensemble des techniques permettant de travailler sans solvants, acides et autres produits dangereux.
A partir de 2005 la création numérique devient ma technique majeure mais au lieu de la cantonner dans un seul créneau je l’ai intégrée à la gravure, à la peinture et aux collages.
La découverte des archives du Commandant Brenot , responsable dans les années 50 et 60 des missions océanographiques françaises va permettre de couvrir encore une fois les techniques entre elles. Collages, gravures, peintures , cartes marines et créations numériques se mélangent pour ouvrir des univers entre eux.
Cap à l'Ouest 81x100 disp

Vous avez une baguette magique et pouvez convier 2 artistes à votre table ce soir, qui seraient-ils ?

D’abord ROTHKO car alors que je me sens démuni face à un art très abstrait, ROTHKO est le seul artiste dont les oeuvres exposées à la rétrospective du Musée d’art Moderne de Paris, m’ont fait pleurer d’émotion.Et BISSIERE que je considère comme un artiste majeur de l’art moderne français par sa grande diversité de techniques.

Le site de François de Verdièrehttp://www.fdeverdiere.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *