Interviews

Christophe Ronel pour Singulart !

Quelle est votre identité artistique ?

Je suis peintre, je m’exprime souvent sur des formats assez conséquents mais j’essaye en somme d’aborder différents formats, alternativement, pour ne pas provoquer d’habitudes. Je suis coloriste, parfois matiériste et très graphiste également.
Le dessin occupe une place de choix dans mon activité artistique, je remplis des carnets, souvent en voyage, certains ont été édités. Ma peinture est façonnée aussi par ce besoin de graphisme.
Je définis ma peinture comme une figuration syncrétique : elle s’inspire de lieux, de cultures , de civilisations, formes, histoires et mythes qu’elle agglomère très librement avec une forte dose d’onirisme.
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Doux pachyderme aux marionnettes ambulantes© CHRISTOPHE RONEL

Qu’appréciez vous particulièrement dans votre travail ?

Ce que j’apprécie dans mon travail… le fait d’avancer sans savoir exactement où je vais. Pour moi, le voyage et l’errance correspondent parfaitement à la démarche du peintre : on cherche différentes choses qui reculent au fur et à mesure que l’on avance. C’est donc un investissement énorme et cela occupe tout : c’est à la fois terrible et merveilleux mais ça fait progresser, c’est à ce prix que l’on peut forger sa propre démarche.
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Rivage d’Harmattan ou l’embarcadère des grandes pirogues© CHRISTOPHE RONEL

Vos oeuvres sont-elles liées à des événements récents ?

Pas vraiment même si certains événements saisissants de l’actualité impactent indirectement mon travail. Je pense par exemple au thème des embarcations surchargées que je représente depuis plusieurs années et qui prennent un accent particulier aujourd’hui et une tournure que je ne soupçonnais pas.
Pour ma part, la prise en compte des événements récents demande un travail de filtration, de transformation.
La peinture propose des univers situés dans un temps indéfinissable parce qu’elle est faite pour être confrontée à l’épreuve du temps.
Je l’utilise souvent comme bouclier : la création d’un monde pictural est pour moi plus indispensable que jamais : il a pour but de respirer et d’ouvrir des échappées sur l’imaginaire.

Pouvez vous nous en dire un peu sur «Eléphant temple dans la plaine des mille stupas» ?

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Elephant temple dans la plaine des mille stupas © CHRISTOPHE RONEL

«L’éléphant temple dans la plaine des mille stupas» est une toile qui appartient à ma série birmane, j’ai réalisé ces peintures dans les mois qui ont suivi un voyage en Birmanie. Mes voyages ont forcément des répercussions sur mon travail. C’est notamment la plaine aux innombrables stupas de Bagan que j’ai dessinée et parcourue à une période très sèche, qui m’a inspirée cette toile.
L’éléphant temple placé ici résulte d’un assemblage personnel. Ma peinture, c’est vrai, voue un culte particulier au thème de l’éléphant décliné sous des formes multiples.
Ici, mi vivant, mi architecture, il occupe une position centrée qui le sacralise. Est-ce un temple à Ganesha incongru en ce lieu ?
Le sujet semble hors du temps, l’espace proposé se situe entre l’évocation d’un lieu et un paysage purement mental qui laisse au spectateur un champ de déchiffrages multiples et une évidente résistance énigmatique.

Qu’est ce que vous pensez de la connexion entre l’art et le numérique ?

Mon travail est principalement défendu et exposé par des galeries d’art traditionnelles. La connexion de l’art au numérique permet donc de s’ouvrir à un public différent, voire plus éloigné des points d’exposition. Elle permet de franchir les frontières. Rôle complémentaire, me semble t-il à l’indispensable travail des galeristes.
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Lacustre effilée ou la vie dans les miroitements © CHRISTOPHE RONEL

Découvrez Christophe Ronel sur Singulart :www.singulart.com/fr/artiste/christophe-ronel

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