Interviews

Le peintre François Pagé

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je suis né à Tours il y a 55 ans ou je vis toujours, je suis peintre comme mon père l’était : Norbert Pagé, 1938-2012 (abstraction lyrique). Je suis titulaire d’un Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique et j’expose mes œuvres depuis 1979.

Quelle est votre identité artistique ? Quelles sont vos sources d’inspiration pour vos œuvres?

Je pense m’inscrire dans une peinture figurative, narrative et poétique.
Mon travail s’élabore avant tout sur un court texte poétique préambule et prétexte à l’œuvre qu’il sera bien difficile de définir, car je parcours un large spectre de manières et de styles. J’ai toujours une image précise dans mon esprit (chose mentale disait Léonard de Vinci), d’une manière très classique j’élabore une esquisse pour la mise en place du sujet puis je détermine le chromatisme suivant l’esprit de mon sujet. Mes sources d’inspiration proviennent d’une dizaine de thèmes qui sont pour moi des boites à idées : les histoires d’amour, la relation de l’homme à la nature dans son intimité, les mythologies, les paysages utopistes et la quête de l’homme dans ses traversées, les artistes devant leurs œuvres, etc… L’ensemble est uni par une philosophie épicurienne et le lien entre le langage poétique et l’image.

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Et la nuit murmurante d’étoiles, tu les rendais jalouses en dansant., 2017, 73×92 cm

Vous avez travaillé pour le cinéma avant de devenir artiste – quelles sont les similitudes entre le travail d’artiste et celui de cinéaste?

Oui à la sortie de me études aux beaux arts où je collaborais déjà aux décors de l’opéra de Tours, j’ai travaillé pour Maurice Pialat sur son film Van Gogh, les similitudes entre mon travail de peinture narrative et le film cinématographique sont : l’écriture d’un scénario, le synopsis, la lumière que l’on dirige à souhait, la mise en scène de personnages dans la composition du cadre…
On pense souvent que beaucoup de réalisateurs ont été influencés par la peinture mais l’inverse existe aussi, l’intérêt dans la peinture c’est qu’on est le seul maître à bord.

Lorsque vous travaillez sur un nouveau projet, par quoi commencez-vous ?

J’élabore l’histoire en écrivant un scénario puis je la résume en un cours texte poétique qui servira de titre. Vient le temps de la composition et du dessin car ils sont primordiaux dans ma peinture, (des modèles vivants viennent poser dans mon atelier).

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To fall in love. (Elle caressait langoureusement les plis de sa chemise), 2017, 54x65cm

Vous inventez des poèmes pour les titre de vos œuvres – quelle est votre source d’inspiration, l’œuvre elle-même ? Ecrivez-vous aussi des poèmes en parallèle de votre activité de peintre?

Oui j’écris chaque jour, je tiens un JRP (journal de recherches personnelles) depuis mes études aux Beaux Arts, c’est Alain Borer qui m’a initié à l’écriture et à la poésie. La poésie est un art majeur, elle est la source de ma peinture, la littérature et surtout l’ensemble de l’œuvre de Proust ont compté.
J’ai présenté au festival de la contemplation à Tauxigny, un film (projeté sur un écran géant) : des courts poèmes qui s’écoulaient comme un générique de hauts en bas.

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J’avais bien vu ta jambe tendue vers le désir et ce livre tombant emmenant ses récits, tu me chanteras à l’oreille une chanson ancienne, celle d’Ulysse entendant les sirènes ; saoul j’en oublierai les mots comme un malentendu., 2018, 81×100 cm

Quelles sont les grandes étapes de votre carrière artistique ?

Ma première toile exposée et vendue à…16 ans, mon diplôme d’arts plastiques à l’école nationale des beaux arts de Tours, en 1994, l’état me commande une toile géante de 33 mètres par 12 mètres qui sera installée dans la cathédrale de Tours, puis le plafond de l’entrée du théâtre Mogador à Paris, la création de 60 illustres personnages pour le grand Hôtel de l’univers à Tours, ma collaboration avec différentes galeries depuis 1998 avec Yves Halter à Rennes, Galerie Alain Daudet à Toulouse, Galerie Evelyne Heno à Paris, la Bam gallery depuis 2017 à Toulouse et la Galerie Christine Déom au Château de la chaussée près de Saumur.

Comment vous projetez-vous artistiquement parlant dans quelques années ?

J’espère pouvoir continuer à montrer mon travail d’une manière régulière en France et à l’étranger et de satisfaire les différents collectionneurs qui me font confiance, de la Russie en passant par la Mauritanie, l’Australie, les USA , le Canada, l’Angleterre, l’Allemagne, la Suède, le Maroc etc. …

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Bien avant que le temps ne soit compté, Pierre imaginant son futur tableau, 2014, 40×120 cm

Le profil de l’artiste sur Singulart :https://www.singulart.com/fr/artiste/fran%C3%A7ois-pag%C3%A9-168

La site web de François Pagé :http://francois-page.com/

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