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Entretien avec Marion Harduin

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Née en 1986 et diplômée des Beaux-Arts de Paris, j‘ai eu ma première exposition personnelle en 2012 à l’occasion du prix Jung-Hun Mécénat. Mes médiums de prédilection sont le dessin et la peinture pour lesquels j‘ai été récompensée. J‘ai participé à de nombreuses expositions collectives en France (Novembre à Vitry, Drawing Now, Réalités Nouvelles…) en Europe et dans des musées en Chine et en Corée. J’ai été sélectionnée pour des programmes de résidence : en Dordogne et au Luxembourg. J’expérimente d’autres projets (sonore, dessin collectif, photographie, texte, performance…) à mon atelier : Le 6b, lieu de création et de diffusion à Saint-Denis. Après avoir passé 7 mois à Berlin lors de mon échange d’études à l’UdK – Ecole des Beaux-Arts, je repars en Allemagne à Stuttgart cette année. Actuellement, vous pouvez découvrir mon travail à l’occasion de Space in between mon premier solo show à la galerie YAM, Paris Montmartre, fondée par la galerie historique Roussard du 15 au 29 mars 2018. Je participerai à Mac Paris du 22 au 27 mai 2018 au Bastille Design Center.

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Architecture, 2012, acrylique sur toile, 150×150 cm

Quelle est votre identité artistique ?

Je travaille dans ce que j’appelle une activité passive où il y a une part d‘expérimentation et de lâcher-prise, sans projet préétabli. Je m‘intéresse aux relations sensorielles et perceptives que nous avons avec l’espace. Mes espaces imaginaires sont en transformation, dans un équilibre précaire, une poétique de la fragilité. La couleur tient une place importante dans mes réalisations.

Pouvez-vous nous en dire un peu sur « Cité perdue (n°1) »?

Cité perdue no1 a été présentée pour la première fois à mon exposition personnelle Thinking forms. Quelques tableaux semblaient représentés une atmosphère sous marine. Cité perdue no1 en fait partie. Les structures volumétriques improbables et flottantes sont récurrentes dans mon travail.

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Cité perdue (n°1), 2012, acrylique sur toile, 100×100 cm

Quelle nouvelle technique voudriez-vous essayer ?

J‘aimerai bien travailler le volume, l‘édition, l’idée de transparence… Je souhaiterai garder l‘aspect expérimental dans ma démarche.

Comment vous projetez-vous artistiquement parlant dans quelques années ?

Je souhaite me développer à l’international, avoir une pratique davantage tourner vers l’expérimentation et la pluridisciplinarité. Poursuivre les projets participatifs avec le public ou avec des collectifs. Par exemple, jeudi 15 mars à l’occasion du vernissage Space in between à la YAM galerie, je teste une performance participative. Pourquoi pas réaliser des commandes publiques pour dialoguer avec l’architecture ! Je reste ouverte à toutes les possibilités !

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Jeux d’enfant, 2012, acrylique sur toile, 100×100 cm

Quels sont les développements récents dans la scène artistique en France ?

Le dessin prend une place de plus en plus importante en France avec de nombreuses manifestations : ce mois-ci Drawing Now, le Salon du Dessin, Ddessin, le récent « Le 6b dessine son salon », ou encore Paréidolie à Marseille, Drawing Room à Montpellier et aussi le Frac Picardie spécialisé dans ce médium et l‘ouverture en 2017 de Drawing Lab, un nouveau centre d‘art au coeur du quartier du Louvre dédié au dessin contemporain. Le Salon de Montrouge et jeune création prennent de plus en plus d’ampleur. Les artothèques se développent. Malheureusement les budgets ont plutôt tendance à baisser vu la conjoncture actuelle. Les artistes plasticiens sont loin d’être aussi bien lotis que les intermittents. Dans les budgets alloués aux expositions dans les espaces d’arts publics , il n’existe quasiment jamais un poste prenant en charge la rémunération de l’artiste, sans qui, pourtant, l’exposition n’existerait pas. Le marché de l’art contemporain est plus important en Angleterre, aux Etats-Unis ou en Chine. Les Français défendent moins leurs artistes. Il faut souvent se faire connaitre à l’international pour avoir une place importante en France.

Quels artistes admirez-vous ?

Les dessins de Joseph Beuys me fascinent. J‘y ai d‘ailleurs consacré mon mémoire sous la direction de Didier Semin. Pendant de nombreuses années, j‘ai beaucoup regardé l‘art moderne dans les collections des musées et fondations en France et à l‘étranger. Bram Van Velde, Picasso, Matisse, Jean Arp étaient mes premiers amours. Aujourd’hui, je suis davantage tourné vers le dessin et la peinture contemporaine mais ne me restreins pas à ces médiums. La musique et la littérature m’influencent tout autant.

Le profil de Marion Harduin sur Singulart :https://www.singulart.com/fr/artiste/marion-harduin-303

La site web de l’artiste :http://www.marionharduin.com/

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