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L'entretien avec l'artiste Mathieu Weemaels

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je m’appelle Mathieu Weemaels, je suis né à Bruxelles en 1967 dans une famille d’ artistes : père peintre et mère violoniste. Je dessine depuis mon plus jeune âge, et d’une certaine manière, j’ai toujours su que j’en ferais l’activité principale de ma vie.

Comment avez-vous trouvé votre voie artistique ?

J’ai trouvé ma voie artistique progressivement. J’ai toujours aimé dessiner, depuis l’enfance, mais j’ai tout d’abord pensé que je ferais de la bande dessinée, la peinture ne m’intéressait pas lorsque j’étais ado.
Vers l’âge de 20 ans j’ai arrêté les études de BD que j’avais entamées pour me consacrer au dessin « pur », sans le support d’ une narration. En effet, les petits bonshommes stylisés que je dessinais alors ne m’intéressaient plus et je ressentais le besoin d’approfondir, de rechercher ce qui se trouvait dans les tréfonds de moi même et de l’exprimer dans la plus grande sincérité à travers le dessin.
J’ai commencé par travailler au pastel et je me suis mis à dessiner ce qui m’ entourait en utilisant des cadrages un peu abstraits. Mon objectif n’étant pas de représenter le réel tel qu’il est mais plutôt de réaliser des compositions sur base du réel qui soient convaincantes. Il y a une nuance entre les deux. La technique pure ne m’a jamais vraiment intéressée, j’y préfère l’expression d’un univers personnel.
Mon travail a pris diverses tournures depuis avec même des escapades dans l’imaginaire et l’abstrait mais je suis toujours revenu à l’observation du réel.

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petit déjeuner au bord du lac, 2017, peinture à l’huile, 50×60 cm

Où trouvez-vous votre inspiration?

La plupart du temps je trouve mon inspiration dans ce qui m’entoure directement : le quotidien, les objets de mon atelier, les jardins autour de chez moi, ou des paysages pendant des vacances. J’ai rapidement préféré peindre les objets posés sur un coin de fenêtre ou un manteau accroché à clou plutôt que des natures mortes traditionnelles. La vie telle qu’elle est plutôt que des éléments arrangés.
Pour moi les sujets sont un prétexte pour parler de concepts abstraits, telles que le silence, la solitude, la contemplation.
Je n’ai donc jamais utilisé le terme de nature morte pour définir mon travail mais plutôt coins d’ atelier. Depuis, j’ai évolué et je peins souvent des compositions d’objets qui se reflètent dans un miroir. Je me suis rapproché de la nature morte plus traditionnelle finalement, mais toujours en y privilégiant le rythme et la composition à la « simple » représentation du réel.

Lorsque vous travaillez sur un nouveau projet, par quoi commencez-vous ?

Je commence toujours par une idée de composition. Je pose les grandes lignes, les grands axes. Je commence par une vision abstraite donc. Pour moi tout est rythme dans un tableau, d’où l’ importance des lignes de forces et de la composition, de la musicalité. Je me définis comme un peintre abstrait qui représente des objets.

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pré fleuri, 2017, pastel sur papier, bois sous verre, 60×120 cm

Quelles sont les grandes étapes de votre carrière artistique ?

Le grand tournant date de mes 20 ans lorsque j’ai définitivement tourné le dos à la bande dessinée et que j’ai progressivement découvert ce que j’étais capable de faire de mes mains. C’était une découverte, beaucoup de travail, de frustrations, de souffrances, mais aussi de plaisir et de surprises. Par la suite, les idées et les envies se sont enchaînées naturellement à force de passion et de travail.

Comment décrivez vous la scène artistique récente en Belgique ?

A tort ou à raison, la scène artistique en Belgique ne m’enthousiasme pas vraiment je dois bien le dire. En tous cas en ce qui concerne la peinture, et plus précisément la peinture figurative. Je la trouve souvent froide, trop cérébrale et manquant de simplicité. En ce qui me concerne, je l’ai toujours trouvée très pauvre, cette peinture figurative contemporaine en Belgique, sans envergure, sans ambition, honteuse d’ elle même. Je m’explique : les rares peintres figuratifs qui sont devenus célèbres ici mais aussi internationalement, semblent la plupart du temps avoir besoin de passer par la photo pour justifier leur envie de peintre de manière figurative. Il semble y avoir une sorte de gêne. D’ailleurs on n’enseigne plus la technique de la peinture dans les écoles. Or ce que j’aime moi, c’est l’observation au naturel, l’émotion du réel, de la lumière, des détails des objets qui prennent des allures de véritables bijoux lorsque l’on prend la peine de s’y attarder. Je ne recherche pas les effets ou l’originalité à tout prix. La simplicité me remplit d’une façon bien plus intense.
Mais cela semble absolument démodé et c’est donc à l’étranger que j’ai pu enfin rencontrer, via les réseaux sociaux, une peinture figurative vivante, intelligente et sensible.

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par temps gris, 2015, peinture à l’huile, 45×45 cm

Le profil de Mathieu Weemaels sur Singulart :https://www.singulart.com/fr/artiste/mathieu-weemaels-162

La site web de l’artiste :http://www.mathieuweemaels.be/

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