L'entretien avec le photographe Thiery Beyne

Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Ex directeur artistique dans la publicité, j’ai longtemps travaillé avec des photographes de tous styles, qui n’ont fait qu’attiser mon amour pour la photographie. Le voyage à toujours était aussi une passion, découvrir d’autres civilisations, d’autres horizons, et toujours aller plus loin. L’Asie, mon coup de coeur devient mon territoire de prédilection, jusqu’au jour ou je décide d’y vivre. En 2010 je m’installe au Vietnam, décidé à tout quitter, mon métier, mes habitudes, l’Europe. Une nouvelle vie s’offre à moi, ma connaissance du pays me permet de devenir guide photo, d’ouvrir un café/galerie d’art, de travailler avec une agence photo Franco/Vietnamienne et d’organiser de nombreuses expositions photo. 2018, retour à Paris pour raison familiale. Qu’appréciez-vous particulièrement dans votre travail ? Bien sûr en priorité, une liberté d’action. Le photographe de reportage est un solitaire et le comble du paradoxe c’est qu’il est constamment à la recherche de l’autre, cherchant les rencontres, provocant les regards à l’affut du moindre contact. Ma photo, je la classe dans la catégorie « reportage artistique ». MÔME A LA FENETRE – VIETNAM, 2014, 60×80 cm Est-ce qu’il y a des motifs que vous trouvez difficiles à photographier ? Faisant parti d’ONG Françaises en Asie, j’ai côtoyé la misère humaine, j’ai du photographié dans certains villages reculés, des enfants, des malades, des vieux d’une pauvreté extrême et ce sont des reportages qui marquent un photographe, mais l’oeil s’habituerait-il à tout? Pouvez-vous nous en dire un peu sur « Back Photography » ? La nuque est visible, la tresse graphique, et le chapeau porté haut laisse les épaules dénudées. De cette part d’ombre qui ne se dévoile qu’aux autres, on se laisse à rêver du visage opposé, celui d’une femme vietnamienne à l’élégance raffinée. Alors l’imaginaire prend tout son sens donnant aux dos qui se révèlent toute la beauté du présent. Repérer, suivre, cadrer puis déclencher, capter l’insaisissable au grès de mes recherches, voilà le travail auquel je vous convie, celui des dos volés et rarement photographiés. BACK PHOTOGRAPHY-50, 2016, 90×60 cm Quelles sont les grandes étapes de votre carrière artistique ? Et comment vous projetez-vous artistiquement parlant dans quelques années ? Il est évident que dans ma vie de photographe il y a eu une étape importante, « l’aventure Vietnamienne » qui m’a appris beaucoup sur ma passion du reportage photographique ainsi que sur les gens. Il y à maintenant « l’aventure Parisienne », une tout autre photo, un autre regard, mais j’ai l’impression de re découvrir ma ville, je fais un nouveau travail sur « les garçons de café » que je vais présenter sur Singulart en espérant qu’elle vous plaira. Comment est-ce qu’on peut imaginer la scène artistique en Vietnam ? Le Vietnam est un pays extraordinaire pour la photographie, non seulement les paysages y sont à couper le souffre, mais le plus passionnant pour un photographe se sont ses gens. Les vietnamiens aiment poser, sourire devant votre objectif sans arrière pensée. Les Vietnamiens aiment la photo, on trouve à ce sujet de nombreux photographes locaux de talent, et qui aiment partager leur passion avec les occidentaux, j’ai fait de très belles rencontres et partagé de superbes moments de trip photo avec eux. Quels artistes admirez-vous ? Salgado et Steve McCurry sont mes références absolues, je veux aussi citer: Elliot Erwitt, Cartier Bresson, Mapplethorpe, Ronis, etc. … LA FEMME DE NHA TRANG, 2012, 60×60 cm Le profil de Thiery Beyne sur Singulart : https://www.singulart.com/fr/artiste/thiery-beyne-206 La site web du photogrpahe :http://tbeyne.neowordpress.fr/