Interviews

Vincent Bardou: Artiste français multi-facettes

Du design à la peinture

Dès son plus jeune âge, Vincent Bardou est attiré par le dessin et puise rapidement son inspiration dans la culture urbaine et plus particulièrement dans le graffiti. Après avoir débuté une carrière de designer et dessinateur, il décide de se consacrer pleinement à sa vie d’artiste en 2014 et quitte Vitry-sur-Seine pour mettre le cap sur le sud.

​Un artiste éclectique

Passant aisément de l’abstrait au figuratif, Vincent Bardou représente des personnages issus de la culture populaire où s’entrelacent des lignes délicates et homogènes. Curieux et aventureux, il ne cesse de perfectionner sa technique. Travaillant actuellement ses personnages à l’acrylique et ses fonds à l’aérosol, il est en permanence à la recherche de nouveaux procédés.

Un rapport spirituel à l’art

Pour Vincent Bardou, la peinture est un moyen de se recentrer sur lui-même. Il l’envisage comme une forme de spiritualité, une invitation à regarder le monde sous un angle différent, à ne pas s’enfermer dans une pensée unique. Il aborde ainsi des sujets qui le touchent comme la protection de la nature, les guerres mais aussi notre rapport aux médias.

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STORMTROOPER STYLE, 2017, Graffiti, 80×120 cm

Quel est votre parcours ? Comment êtes-vous venu à la création artistique ?

J’ai grandiàVitry-sur-Seine, dans le Val de Marne, et j’ai commencé le dessin dès l’âge de 6 ans. J’ai très vite été influencé par le milieu urbain et son expression, notamment le graffiti que j’ai perfectionné au fil des années. Ce mouvement (le street art) était un moyen d’évasion et d’échange. En parallèle, j’ai poursuivi mes études afin d’obtenir une licence puis un masteren design produits. Après un début de carrière en tant que designer, j’ai décidé à 25 ans de consacrer ma vie à la peinture.

Que vous apporte la peinture ? Quelles sont vos inspirations ?

J’ai toujours eu le besoin de m’exprimer, deretranscrire ce que j’avais en moi. Pour certains, c’est la musique, l’écriture, pour moi c’est la peinture. Je travaille sur mes toiles jour et nuit, je réfléchis sans cesse à des nouveaux sujets, de nouvelles techniques. La peinture me plonge dans un sentiment de sérénité et de paix, et cela m’a permis de stopper ce quotidien effreiné, de me retrouver avec moi-même. L’art comme je le conçois est avant tout une philosophie – une manière d’être et de vivre. Lorsque je réalise une œuvre, je médite, je me recentre sur moi-même et cela m’aide à avancer dans le monde actuel.

Je suis inspiré par les personnages qui ont lutté chacun à leur manière pour un monde équitable : je pense à Nelson Mandela, Coluche, Gandhi, Rosa Parks…. Celle qui inspire toutes mes toiles et qui est pour moi le symbole de cette génération est une artiste marseillaise du nom de keny arkana.

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JIMI HENDRIX, 2018, Graffiti, 70×50 cm

Comment procédez-vous pour la création d’une œuvre, étape par étape ?

Avant toute réalisation, je me concentre sur le message que je souhaite faire passer à travers la toile. Jeme la figured’abord dans ma tête, avant de le retranscrire en dessin sur papier.

Ensuite, je dessine au crayon le croquis (le portrait) sur la toile, et je passe ensuite à la peinture acrylique en réalisant les nuances de gris pour donner de la profondeur au visage et au corps du personnage. Une fois le personnage terminé, je détoure le personnage et ses contours afin de réaliser le fond coloré à la bombe. Et enfin, je finis toujours par deux couches de vernis afin que les couleurs ne jaunissent pas avec le temps.

Pourquoi travailler spécifiquement le portrait, et surtout ceux d’icônes ?

Je choisis ces sujets pour rendre un hommage à ceux et celles qui se sont battus pour des causes. Ce sont des personnesqui ont lutté chacun à leur manière pourun monde plus juste,par leur courage, leur volonté et leur détermination.

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KILL YOUR TV, 2017, Graffiti, 80×120 cm

Pourquoi ce contraste entre les personnages en noir et blanc et le fond en graffiti ?

Lorsque je dessine et peins un personnage, cela me demande beaucoup de concentration, ainsi qu’une certaine retenue et précision dans mes gestes. J’essaie de m’appliquer pour faire vivre le portrait que je réalise, et je canalise cette énergieà travers le personnage que je représente. Lorsque je passe à l’aérosol pour réaliser le fond, j’extériorisebeaucoup plus. Le résultat est un contraste entre les deux, entre Pop art et Street Art, et c’est ce qui donne cette énergie à la toile.

Comment vous projetez-vous artistiquement parlant dans quelques années ?

Disons que je laisse mon destin me guider c’est lui qui m’a guidé jusqu’à aujourd’hui. Seul dieu connaît mon futur donc je suis son chemin. Concernant mes projets : je n’ai pas réellement de nouveaux projets je voyage beaucoup c’est ce qui me donne la force de peindre lorsque je reviens en France. Être à la rencontre de nouvelles cultures me permets d’avoir de nouvelles inspirations j’ai besoin de cela pour réaliser de nouvelles toiles. C’est très enrichissant d’un point de vu personnelle.

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KENY ARKANA, 2017, Acrylique, 80×120 cm

Le profil de l’artiste sur Singulart :https://www.singulart.com/fr/artiste/vincent-bardou-86

One Comment

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    estivali arana

    Je pense que vous êtes sans aucun doute un artiste qui, en créant son art, pense à son environnement, au monde dans lequel nous vivons et au monde dans lequel nous vivons. nous voulons exprimer ce que nous ressentons, l’environnement qui nous entoure et que le spectateur peut remarquer que, grâce à notre travail, à travers chaque coup, il est très important pour le monde de l’art. je m’apelle Estivali Arana artiste du Guatemala.

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