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Pourriez vous vous présenter brièvement ?

Je suis peintre, graveur et sculpteur. Je vis actuellement entre la France et les Etats-Unis. J’ai étudié a l’école des Beaux-Arts de Paris d’ou j’ai obtenu un DSAP (diplôme supérieur d’arts plastiques) et actuellement plusieurs galeries me représentent à travers le monde. Par ailleurs j’enseigne, principalement a des adultes, je fais du coaching artistique auprès de personnes qui désirent faire de l’art une seconde carrière. J’ai un Atelier à Chicago ainsi que dans le centre de la France.

 

 

 

Quelle est votre singularité artistique ? Quels sont les thèmes majeurs que vous explorez dans votre travail ?

Je dirais que l’on reconnaît ma singularité dans le fait que je ne cherche pas forcement à suivre la mode picturale du moment, ni d’ailleurs a être particulièrement original a tout prix.
Mon inspiration vient des artistes que j’admire, connus ou inconnus, du « bruit » du monde également. Je ne fait ni de sociologie ni de philosophie (Je laisse ça aux spécialistes), je me cantonne a la peinture et ses acolytes que sont le dessin et la sculpture.
Le thème qui domine mon travail ces dernières années (Mais pas exclusivement) est celui des livres et des bibliothèques. Dans ce monde contemporain pétri de technologies j’aime jouer avec ce sujet obsolète qu’est le livre et représenter les sanctuaires abandonnés que sont les bibliothèques. Vous l’aurez compris je fonctionne a contre-courant, un peu comme un romantique de l’ère High-tech, ceci non sans une petite pointe d’humour.
Un de mes peintres favori, Francis Bacon, disait de la peinture qu’elle devait créer le Mystère. Je trouve l’évidence ennuyeuse, pauvre. J’essaye donc dans mon travail de poser des questions sans donner de réponses. Je laisse cela aux regardeurs…

 

262_bf9077ea48c66bfe82f98b120b9377b2Peinture de David Gista, Rendez-vous, 2012, 91 x 122 cm

 

 

Avez-vous des matériaux avec lesquels vous préférez travailler et pourquoi ?

J’aime les mélanges de matériaux car cela renforce le pouvoir expressif d’une œuvre. Par exemple j’aime préparer mes surfaces avec des éléments colles comme des papiers, des objets ou des charges créant un relief. J’aime peindre a l’acrylique et ensuite rehausser avec de l’huile, ce qui apporte un richesse et une suavité au résultat final, une plus grande profondeur aussi. En sculpture j’adore travailler la céramique ainsi qu’ avec des matériaux de construction recyclables.
En ce qui concerne la gravure mes deux techniques de prédilections sont le carborundum, technique qui n’est pas courante, et la lithographie. Je fait également de la sérigraphie. J’ai réalisé deux éditions de sérigraphie récemment sur le thème de la bibliothèque. A voir bientôt sur Singulart, héhé…

 

 

 

262_1b64b05e7f914311768b704d9e5f0105Peinture de David Gista, Aux quatre vents, 2015, 81 x 100 cm

 

Quelles sont les grandes étapes de votre carrière artistique ?

Apres avoir obtenu mon diplôme des beaux arts j’ai eu la chance de gagner un prix qui offrait comme récompense, en plus d’une somme importante, un atelier pendant une période d’un an.
Cela m’a permis de débuter dans des conditions optimales car le fait de passer du statut d’étudiant a celui d’artiste est très difficile. On doit se sevrer du cocon isolant et rassurant de l’école ou malgré tout on est couvé. La réalité est une grand claque, il va falloir se débrouiller tout seul… quoi le monde ne m’attend pas ?!!! L’année suivante j’ai obtenu une résidence au lycée Hoche de Versailles qui a été renouvelée une année supplémentaire. Cette période a été véritablement celle d’une incubation. C’est après cela que j’ai réellement commencé ma carrière artistique. J’ai rencontré une critique influente qui m’a aidé a rentrer dans une bonne galerie Parisienne.
C’est là que j’ai réalisé ma première exposition personnelle en galerie. Au même moment j’ai obtenu le Prix de peinture de Vitry, le lancement était réussi… Dans la foulée j’ai été invite à exposer en Allemagne et en Italie, dans des galeries ou des résidences d’artistes.
J’ai aussi été invité aux Etats unis ou beaucoup de portes se sont ouvertes pour moi très facilement et rapidement.
J’ai eu mon premier « one person show » a Chicago et a partir de là, de fil en aiguille, j’ai pu m’installer là bas et y développer ma carrière. J’ai obtenu à un certain moment une très grosse commande de près de 300 œuvres pour le Sofitel de Chicago (au USA Sofitel est plus dans la catégorie luxe qu’en France).
En même temps j’ai continué à exposer en France et en Grande Bretagne. J’ai eu la chance d’exposer à travers les Etats unis également, de participer a des foires d’art contemporain, entre autres a Miami et a New York.
Récemment j’ai eu une exposition au Musée de Vendôme pas très loin de ma résidence française. Je vais bientôt avoir une exposition personnelle a Kiev, en Ukraine, a la galerie Tryptich.

 

 

 

 

262_bfa0f0aaa9d3d73250cb6edd940453f2Peinture de David Gista, In Abstentia, 2016, 162 x 130 cm

 

 

 

 

Comment vous projetez-vous artistiquement parlant dans quelques années ?

Carpe diem, vivre l’instant serait plutôt mon mode de fonctionnement mais il est vrai qu’il est bon pour un artiste d’avoir des objectifs. Dans mon cas ce serait a la fois d’explorer de nouvelles destinations, j’aime aller a la rencontre des autres cultures car j’ai le sentiment qu’elles m’enrichissent, moi et mon travail. J’aime l’aventure, j’aime la différence (comme je le disais, un peu a contre-courant sans faire exprès). J’aimerai aussi consolider ma présence aux Etats unis et en France, pouvoir montrer mes œuvres dans des institutions et des musées…Mais il est vrai que le cheminement d’un artiste est comparable a une longue rivière paresseuse parsemée de rapides et de marais stagnants alors l’important pour moi c’est vraiment de faire évoluer mon travail dans le plaisir et la bonne surprise.

 

 

 

262_86e624f831eff907fcd7a24553da9109Peinture de David Gista, Da book, 2015, 130 x 162 cm

 

 

 

 

Vous avez une baguette magique et pouvez convier deux artistes à votre table ce soir, qui seraient-ils ?

Le premier, certainement, serait Francis Bacon, non seulement pour son œuvre mais dans un diner ce qui est important c’est la conversation et je partage ses opinions sur la vie et la peinture, sans parler de sa peinture qui pour moi est parfaite dans sa forme et dans son contenu.
J’hésite pour la seconde personne mais je pense que j’aimerais que ce soit la photographe Vivian Maier. Je me sens proche de son travail et de sa vie. Comme moi elle a vécu a Chicago et son travail fait la part belle a une certaine poésie mâtinée d’une mélancolie aigre douce et pleine d’humour. Elle aime l’humain avec tout ce qu’il a de beau et tragique, ses images ont plusieurs degrés de lecture. Elle saisi l’instant comme peu d’artistes, j’aime l’impression énigmatique que ses cliches dégagent.
Elle aussi appartient aux deux cultures française et américaine, cela peut amener une bonne connivence entre nous ou pas…
C’est quelqu’un que l’on ne connaît que par son œuvre, vu qu’elle est restée toute sa vie dans l’anonymat. Son œuvre nous parle, l’artiste reste un mystère…

 

 

 

 

 

 

 

Profil Singulart de David Gista : https://www.singulart.com/fr 

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