Singulart rencontre Dayva Achikhman, l’artiste voyageuse

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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

 

Tout d’abord, je me considère comme une personne ordinaire, avec de grandes exigences au niveau de ma vie personnelle. Mes préoccupations principales en ce moment sont ma famille, mes enfants et ma création.

J’ai toujours été attirée par d’autres mondes et d’autres pays. Dans ma vie, j’ai beaucoup voyagé et vécu dans différents pays. Le véritable idéal pour moi est d’être différente des autres sans me sentir obligée d’influencer mon environnement. La créativité et l’art sont pour moi une forme de refuge et une opportunité de me créer un espace personnel, en dehors de la réalité.

Je me suis toujours sentie concernée par la question de la création de notre Monde. Toute créativité, à mon avis, amène une personne à l’image du Créateur originel de l’Univers. La créativité manifeste l’essence divine de l’homme.

Je n’ai jamais été attirée par le chaos dans la peinture. Bien que j’aime l’improvisation, celle-ci doit être structurée, comme un labyrinthe ou une énigme qui obéit à des lois d’harmonie de la couleur, des lignes et des formes. De la vacuité de la feuille blanche nous pouvons sortir un tout nouveau monde de formes et des images. Des 3 couleurs primaires, nous pouvons créer des milliers de nuances…

Je ne dessine presque jamais après des croquis et des compositions préconçues. Chaque toile et chaque dessin commence par une ignorance presque complète du résultat final. C’est un travail assez intense, guidé par mon intuition, qui demande une concentration fusionnelle avec ma toile. C’est l’énigme de mon art.

 

 

 

serie_1399_fafe3e06f65bf165996d7a5c3a0c1da1Peinture de Dayva Achikhman, Méduse, 2017, Acrylique sur toile, 80 x 80 cm

 

 

 

 

 

 

Comment avez-vous trouvé votre voie artistique ?

 

 

Mon chemin vers l’art était assez simple. Cela a commencé avec mon rêve d’enfance de devenir artiste et de voyager. A l’âge de 6 ans, l’idée me trottait dans la tête, que si j’apprenais à dessiner de beaux tableaux et les vendre, alors je pourrai m’acheter un vrai éléphant. Sur cet éléphant je pourrais bâtir une petite maison et voyager à travers le monde. Par la suite j’ai dessiné durant toute mon enfance, et à 11 ans je suis entrée dans une école d’art pour enfants. À l’âge de 16 ans, j’ai quitté la maison parentale pour continuer à étudier l’art à l’école de Beaux-Arts de Iaroslavl, où je fus diplômée en 1987. Plus tard je me suis installée à Saint-Pétersbourg, où j’ai dessiné pendant un certain temps des portraits sur la fameuse avenue Perspective Nevski et vendu des tableaux ou petites sculptures à des clients occasionnels.

Le rêve de voyager ne m’a jamais quitté. Par conséquent, j’ai visité les pays baltes et cela m’a donné la passion pour l’art appliqué et l’artisanat. Pendant un certain temps, j’ai vécu dans des monastères et cela a également influencé mon travail dans cette période…

Au début des années 90 avec mon ami j’ai visité plusieurs fois l’Asie Centrale. Dans le magazine « Etoile de l’Est » en Ouzbékistan, mes dessins ont été publiés comme illustrations pour la rubrique « Poésie étrangère ». Ce pays très exotique avec son environnement oriental et coloré me plaisait beaucoup. J’y ai fait beaucoup de rencontres et en 1996 j’ai décidé de m’y installer. J’ai expérimenté de nouvelles techniques de création, et mon travail est devenu très populaire dans ce pays. Le tourisme européen en Asie Centrale m’a aussi aidé à gagner ma vie avec mon art.

En 2002, j’ai décidé de déménager en Europe où je n’avais jamais été avant. Mon désir était de vivre en France. Dans un premier temps, quand je me suis installée à Paris, c’était pour moi une période assez difficile. Savoir dessiner m’a bien aidé dans cette phase de transition. Au début, par manque d’argent, il me fallait peindre sur des cartons trouvés dans la rue. Par un concours de circonstances, en 2006, l’Église catholique de la banlieue parisienne m’a proposé un petit atelier près de la Chapelle Notre-Dame-des- Apôtres à Villejuif. Et là, j’ai commencé à peindre sur des toiles et à exposer lors de diverses expositions.

 

 

 

 

serie_1399_448bf768947d11ed7b75806cd8a521b2Peinture de Dayva Achikhman, Maison, 2018, Acrylique sur toile, 100 x 80 cm

 

 

 

 

Quelles techniques utilisez-vous ?

 

 

Actuellement, je préfère la peinture acrylique. J’ai commencé à apprendre à utiliser cette technique en France. L’acrylique offre un grand potentiel de couleurs, de textures et m’incite à approfondir les diverses possibilités qu’elle offre. J’aime également le dessin spontané à l’encre ou au stylo à bille, sur du papier blanc ou gris…

En parallèle, je me suis engagée dans la photographie et l’art digital. Parfois je joue de la musique sur un synthétiseur et j’exécute différentes improvisations musicales dans une démarché d’introspection, de méditation. Plus tôt au début de ma carrière artistique, j’ai eu des périodes d’aquarelles, de pastels et de peintures à l’huile.

 

 

 

serie_1102_87645a090d3c0f9b97f71bdd84d2ed52Peinture de Dayva Achikhman, Poisson exotique, 2017, Acrylique, stylo sur papier, 50 x 70 cm

 

 

 

 

 

 

Quelles sont les grandes étapes de votre carrière artistique ?

 

 

J’ai eu plusieurs étapes dans ma carrière créative. Fondamentalement, celles-ci sont liées à mes voyages. Je distingue 3 étapes principales: une période de formations et recherches personnelles en Russie, une période d’indépendance en Asie Centrale, une période de découvertes en Europe. Dans de nouvelles circonstances ou dans un pays différent, en règle générale, des sensations et idées neuves surgissent immédiatement, et une nouvelle période de ma créativité s’ensuit.

L’élément le plus important dans ce processus est de comprendre mon besoin de réalisation personnelle, dans les étapes les plus stressantes ou transitoires de la vie. Je pense que c’est typique de tous les artistes et pas seulement de moi.

 

 

 

 

Comment vous projetez-vous artistiquement parlant dans quelques années ?

 

Ce dont je rêve et que je projette de faire à l’avenir, c’est de créer de grands tableaux ou œuvres graphiques, dans lesquelles je pourrais représenter certaines de mes idées abstraites ou fantastiques, qui sortent de la réalité. Il est nécessaire de trouver des images allégoriques ou des structures symboliques, qui expriment les sens cachés, et offrent des voies d’interprétation à certains.

La chose la plus importante pour moi en tant qu’artiste est d’être indépendante des tendances contemporaines de l’art. Imiter quelque chose ou quelqu’un n’est pas une bonne idée pour moi car essayer de suivre des sentiers battus me déprime.

 

 

 

serie_1399_02b95a0395ceda43d1339fbc5a6b84f4Peinture de Dayva Achikhman, Coq, 2011, Acrylique sur toile, 81 x 65 cm

 

 

 

 

 

Quels artistes admirez-vous ?

 

 

J’aime Kandinsky depuis ma jeunesse. J’aime Picasso pour son esprit d’aventure constant dans son travail. Miro pour sa spontanéité enfantine.

Parmi des artistes actuels j’aime vraiment Jadis.

 

 

 

1399_0dabdd23ccdc043df016278578d3a6ffPeinture de Dayva Achikhman, Méditation, 2018, Acrylique sur toile, 75 x 50 cm

 

 

 

 

Profil Singulart de Dayva Achikhman: https://www.singulart.com/fr/

 

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