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Rencontre avec l'artiste émergente, Daart

Vous en quelques mots ?

Je suis artiste peintre graphiste et illustratrice de façon professionnelle depuis maintenant 8 ans. J’ai eu la chance de pouvoir travailler sur des projets d’envergure très tôt : mes deux premiers boulots ont été illustratrice de BD puis responsable du concept graphique d’un spectacle musical. J’ai ensuite travaillé avec des musiciens sur de la direction artistique. J’ai donc, en parallèle de ces projets, continué mes études en arts plastiques et design graphique, ce qui m’a permis de me professionnaliser rapidement et, dans le même temps, de m’ouvrir d’autres portes de création (écriture, musique, chant).

Comment avez-vous trouvé votre voie artistique ?

Ma voie semblait plutôt tracée, même si j’ai essayé d’y échapper à de multiples reprises. J’ai dessiné très tôt et les gens de mon entourage appréciaient. Cela atténuait ma timidité. Créer, par le dessin ou la peinture notamment, est mon premier mode d’expression, avant le langage, la musique etc. Cet instinct est devenu par la suite, un besoin permanent.

serie_2712_70cb069acbd40d743e53766a17ea6f70Peinture de Daart, Rachelle, 2018, Acrylique sur toile, 70 x 70 cm

Lorsque vous travaillez sur un nouveau projet, par quoi commencez-vous ?

La toile blanche est pour moi un puissant adversaire contre qui je me bats réellement tout au long du processus de création. J’aime travailler de grands formats pour l’engagement que cela permet du corps. Généralement, c’est un tracé noir au feutre ou au pinceau qui va guider tout mon travail. Ça peut paraître très académique au départ, mais à un moment donné, la peinture, alors matière, tente de prendre le pas sur le dessin mais n’y arrive jamais vraiment. Puis, finalement, les deux commencent doucement à s’entendre jusqu’à trouver le juste équilibre.

serie_2711_361a6ffa51ac061a94607ecccbaa90e5Peinture de Daart, A.U.R.A. IV, 2016, Acrylique sur toile, 75 x 60 cm

Avez-vous des matériaux avec lesquels vous préférez travailler et pourquoi ?

Je travaille à peu près sur tous les supports plats, de la feuille de papier à la planche de bois. Je n’y accorde pas vraiment d’importance. Le stylo est l’outil que j’utilise le plus, pour sa facilité d’utilisation et sa spontanéité. J’en ai toujours trois ou quatre dans mon sac. Vient ensuite l’acrylique que j’aime aussi pour son efficacité : elle sèche vite, et je peux repasser dessus à l’infini. J’ai récemment découvert des outils plus ‘Street Art’ grâce au graffeur DEBZA avec qui j’étais dernièrement en résidence : la bombe, les marqueurs sont une nouvelle ouverture qui me permet encore davantage de spontanéité et un résultat plus primitif, instinctif.

Vous semblez investie dans l’art de manière plus globale avec votre collectif Art Feelings, pouvez-vous nous en parler un peu ?

Je travaillais sur un projet de vidéo sur lequel j’avais besoin de texte. Or, je ne savais pas aligner deux mots de façon poétique. Je l’avais alors laissé de côté, jusqu’à ma rencontre avec Audrey, qui était auteur à cette période, et commençait tout juste le théâtre. Elle a écrit l’ensemble du dialogue en très peu de temps, et à la perfection. C’est le projet qui a marqué le début de notre collaboration. On a enchaîné plusieurs petits projets d’associations texte/image, puis de clips vidéo animés. Jusqu’à quelques fois échanger nos rôles : Audrey travaille des créations numériques et j’écris. On a travaillé ensemble sur des morceaux musicaux, mais tout ça est en cours. Au delà de ce collectif, nous avons toutes les deux des emplois du temps très chargés que l’on essaie de dégager au mieux pour se voir, partager, créer. On a exposé ensemble 4 ou 5 fois sur Paris et on prépare une nouvelle exposition pour la rentrée, qui se fera à l’Espace 33, Paris 19e.

serie_3787_b417bfaf2935440b3ade9493f5217167Peinture de Daart, Francis Colbert, 2016, Acrylique, Stylo sur papier sous verre, 20 x 20 cm

Comment peut-on s’imaginer votre atelier ?

Mon atelier se situe justement à l’Espace 33. C’est un lieu artistique culturel alternatif qui héberge des artistes en résidence permanente ou temporaire, ainsi que divers ateliers de pratiques artistiques et socio-culturelles. J’y ai établi mon atelier en novembre 2017. Il est petit, je n’ai jamais aimé les grands espaces. Il donne sur une cour très lumineuse. De ce fait, la pièce dispose vraiment d’une belle lumière toute la journée. J’ai divisé l’espace en deux : d’un côté la peinture, de l’autre la PAO. J’ai aussi empilé sous une de mes tables tous mes carnets de recherches que j’aime consulter dans mes moments de non-productivité. Deux de mes sculptures en papier trônent sur un mur et au plafond. J’essaie de ne pas afficher mes peintures, elles ne me conviennent jamais vraiment. Je préfère afficher mes amis. En bref, mon atelier est un joli fouillis organisé dans lequel je me sens bien, et mon chat aussi.

serie_2714_1d5ac4a71f9dde66f3f727a39fb40d44Peinture de Daart, Luke Cage, 2016, Acrylique, Collage, Stylo sur papier, 42 x 30 cm

Profil Singulart de Daart :https://www.singulart.com/

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