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Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

 

J’ai 47 ans et j’habite dans le sud de la France, entre la Provence et les Cévennes.
J’ai été instituteur d’abord, pendant une année durant laquelle j’ai eu comme l’impression de rentrer dans une certaine routine… Contrairement aux souhaits de mon père de rejoindre les Beaux-Arts, je me suis engagé dans les rangs de la Légion Etrangère. J’ai servi ainsi durant 15 ans et demi sous le drapeau après quoi je suis revenu vers mon rêve d’enfance, être artiste.
Professionnel depuis 2000, je ne me vois plus faire autre chose.

 

 

serie_2950_ea91ced4823c8b136aeaf19fc2fc8813Peinture de Paul Anastasiu, Par Saint Antoine, 2017, Huile sur toile, 60 x 120 cm

 

 

 

 

Comment avez-vous trouvé votre voie artistique ?

 

Au plus loin que je me souvienne, je devais avoir peut-être dans les 5 ans, mon père m’avait amené à son atelier de sculpture. C’était une belle journée ensoleillée et la lumière du soleil caressait les bustes et statues en plâtre et marbre blanc entassés à l’intérieur et sur une terrasse extérieure. Cette image visuelle m’est restée imprimée pour le restant de ma vie.
En tant que sculpteur et professeur d’arts plastiques, mon père m’a tout d’abord initié aux bases du dessin. A vrai dire, durant mes premiers 20 ans j’ai surtout travaillé le graphisme à la mine de plomb. Au lycée j’ai aidé également mon père à la sculpture.
On avait une belle collection d’albums d’art que je feuilletais régulièrement. Ainsi j’ai pu faire la connaissance de Tintoretto, Titian, Nicolas Poussin, Albert Durer, Claude Lorrain, Pieter Brueghel, Botticelli, Jan van Eyck, et plein d’autres.
Un soir d’été, quand j’avais 13-14 ans, je venais de réaliser une peinture à l’eau et quelques instants plus tard, après avoir été envahi par un sentiment d’extase, j’ai su que j’allais être lié à la peinture toute ma vie.
Ce fut pour moi comme une évidence.

 

 

serie_2949_0de3bffdc1332aabc99a7966834f7157Peinture de Paul Anastasiu, Le Retour, 2018, Huile sur toile, 100 x 100 cm

 

 

 

 

 

 

Quelles sont les grandes étapes de votre carrière artistique ?

 

Tout d’abord j’ai eu une longue période de recherche artistique qui m’a fait passé par différentes étapes, en passant par l’hyper réalisme, la peinture académique, les glacis, le flou artistique, pour enfin arriver naturellement à la peinture aux couteaux et aux réalisations d’aujourd’hui.
Ma première participation au Salon des Artistes Français, en l’an 2000, fut une étape primordiale. Médaillé par le Salon et primé par l’Institut de France, cela a été ma première vrai approche avec le public et la critique. A partir de là, expositions, salons et autres mouvements artistiques ont suivi.
Durant quelques années j’ai dû combiner ma vie militaire, en tant que légionnaire, avec ma vie d’artiste. En 2005, ma nomination en tant que peintre officiel de l’armée française fut un grand moment et une reconnaissance.
J’ai pris ma retraite militaire en 2006 et j’ai enfin pu me consacrer entièrement à mon activité artistique.

 

 

serie_2951_1f567c9236e35f1cb2501f811480310bPeinture de Paul Anastasiu, Un cri dans la nuit, 2018, Huile sur toile, 81 x 100 cm

 

 

 

 

 

Avez-vous des matériaux avec lesquels vous préférez travailler et pourquoi ?

 

J’ai testé pas mal de techniques différentes, surtout en peinture, mais j’ai gardé surtout celle que l’on appelle aussi la peinture reine, ou maîtresse… c’est à dire la peinture à l’huile.
A une autre époque, quand je réalisais surtout des glacis, j’utilisais une certaine technique mixte, en commençant mes toiles à l’acrylique et en les finissant à l’huile. Mais maintenant, et depuis plusieurs années, j’œuvre principalement avec de la substance dans une action d’apport de matière, à l’aide de couteaux à peindre principalement. J’ai complètement banni l’acrylique, peinture à laquelle je ne fais pas vraiment confiance à long terme.
A l’heure d’aujourd’hui je ne travaille essentiellement qu’à l’huile et quasiment que sur des toiles de lin, qualité oblige. J’adore travailler ainsi et je me sens vraiment dans mon élément.
Parfois je m’amuse même à désigner mes tableaux comme étant des sculptures sur toiles. En sculpture, justement, pour l’instant je n’ai créée que des oeuvres en pierre, et surtout de la taille directe. C’est particulièrement le marbre que j’affectionne, comme un retour aux origines, mais j’ai encore trop peu travaillé dans ce sens. J’envisage d’aller aussi vers le bronze, dans un certain futur… mais pour le moment c’est la peinture qui prend tout mon temps et toute mon attention.

 

 

 

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre série de marines ?

 

Les marines représentent un leitmotiv que j’aime beaucoup travailler, que ce soit des réalisations à caractère calme, paisible, ou tout le contraire, avec des sujets tumultueux, agités, en pleine tempête. Ce sont des thèmes dans ma création qui reviennent régulièrement sur le devant de la scène. Un petit éclaircissement quant aux bateaux, voiliers… une grande partie sont de pures inventions de mon esprit, ils sortent tout droit de mon imagination, avec l’atmosphère tout autour y compris ; quant aux autres, ce sont des représentations de navires et de bâtiments existants, ou ayant existés, comme par exemple les paquebots Le France et Le Pasteur, les voiliers L’Hermione, La Boussole ou L’Astrolabe, le porte containeur Lapérouse, le remorqueur L’Abeille Bourbon ainsi que le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc ou même le sous marin nucléaire Le Redoutable. Aujourd’hui tous ces bateaux français sont partis un peu partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Belgique, en Chine, etc…
En ce moment je travaille sur une série de nus, après quoi je veux réaliser quelques grands formats avec des ponts existants, comme celui de Pont Saint Esprit (que j’ai déjà peint autrefois), le viaduc de Millau, que j’ai déjà peint aussi, mais que je souhaite reprendre dans une manière plus moderne et personnelle, et surtout plus grande… et par la suite, parmi d’autres commandes, souvent des portraits (mais pas seulement), je souhaite revenir sur une longue nouvelle série autour de la mer et des marins.
C’est comme un perpétuel retour.

 

 

 

serie_2942_f44b4c5bd133d1377a9de1ba61f40682Peinture de Paul Anastasiu, Bataille navale, 2017, Huile sur toile, 97 x 195 cm

 

 

 

 

 

 

Quels artistes admirez-vous ?

 

On est le fruit de ses prédécesseurs, de ses contemporains et de soi même. Beaucoup d’artistes d’antan, nous ont forcement inspiré et apporté quelque chose à notre propre construction, même inconsciemment.
J’admire pas mal d’artistes, bien évidemment, d’époques et de tendances différentes… mais tous les citer, serait bien long.
Pour en évoquer tout de même un certain nombre parmi mes préférences, je dirais, sans aucun ordre chronologique, et sans ne citer forcément que des peintres : Giotto, Phidias, Il Caravaggio, Rembrandt, Michelangelo, Da Vinci, Raffaello, Vélasquez, Rubens, Fragonard, Goya, Mantegna, Turner, Constable, Claude Gellée, Rodin, Brancusi, Bernini, Gustav Klimt, Otto Dix, Mucha, Toulouse-Lautrec, Manet, Monet, Renoir, Pierre Bonnard, Henri Gervex, William Bouguereau, Ingres, David, Cabanel, Élisabeth Vigée Le Brun, Piero Manzoni, Marcel Duchamp, René Magritte, Edward Hopper, Yue Minjun, Böcklin, Marc Chagall… mais aussi les peintres anonymes qui ont oeuvré aux grottes de Lascaux et de Chauvet.

 

 

serie_2949_d86552e66d510af88b105d4aa43ec47dPeinture de Paul Anastasiu, La Reine des Glaces, 2018, Huile sur toile, 73 x 100 cm

 

 

 

Comment peut-on s’imaginer votre atelier ?

 

Comme tout le contraire de mon esprit militaire… plutôt en désordre ; des tubes d’huiles et des chiffons un peu partout. En fait, je peux m’installer un peu n’importe où, du moment que j’ai ma palette et une bonne lumière.
Ma palette est souvent une table basse. L’avant-dernière, en bois massif, a fini par céder sous le poids de la peinture. En effet il y avait 7 ans de peinture accumulée dessus.
Je me sers aussi de chevalets, mais dans mon atelier, le plus souvent, j’utilise le mur sur lequel j’ai installé des vis à la verticale de 10 en 10 cm tout le long. Je travaille ainsi à plat le mur et à bout de bras. Des tableaux sont en train de sécher un peu partout, dans l’atelier comme dans toutes les pièces de la maison.
Souvent, la musique m’accompagne dans mes créations…

 

 

 

 

 

Profil Singulart de Paul Anastasiu: https://www.singulart.com/fr/

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