Histoire de l'art,  Mouvements et techniques

Les Peintures réalistes

Le terme réalisme renvoie au mouvement pictural emblématique du XIXème siècle qui prenait généralement pour sujet les scènes de la vie quotidienne et les personnes. Le réalisme consiste à peindre dans un style naturaliste. Le terme est également parfois utilisé pour décrire des œuvres d’art qui sont peintes de façon si réaliste qu’elles ressemblent à de la photographie.

Le réalisme en tant que mouvement artistique a débuté en France au début des années 1850, après la révolution de 1848. Le mouvement se caractérisait par un rejet du romantisme, le mouvement artistique et littéraire prédominant à l’époque. Le romantisme portait sur des sujets exotiques, des émotions exagérées et un drame intensifié, alors que le réalisme aspirait à représenter la vie contemporaine telle qu’elle était réellement. Le réalisme prenait comme sujets des personnes ordinaires, de toutes classes sociales confondues, représentées dans des situations quotidiennes contemporaines. Les artistes ont essayé de représenter les personnes d’une manière véridique et précise, sans occulter les aspects les plus désagréables de la vie. Le climat social changeant, provoqué par la révolution industrielle, s’est reflété dans le travail des peintres réalistes aussi bien que dans les oeuvres des auteurs tels que Charles Baudelaire.

Les raisins, Alain PONTECORVO, 2013, Huile sur Toile, 22 x 16 cm

Afin de s’opposer au romantisme et la peinture historique traditionnelle, les peintres réalistes dépeignent le vrai, c’est à dire des personnes réelles engagées dans des activités quotidiennes. L’un des exemples les plus célèbres de l’histoire de l’art est l’impressionnante toile réaliste de Jean-François Millet, «Les glaneuses», qui représente trois femmes de la classe ouvrière qui se penchant sur la terre. Honoré Daumier, Jean-Baptiste-Camille Corot et Jules Bastien-Lepage sont d’autres figures marquantes du réalisme français. Le véritable pionnier du Réalisme fut sans aucun doute le peintre français Gustave Courbet, dont l’œuvre la plus connue, «Un enterrement à Ornans», est actuellement exposée au Musée d’Orsay à Paris. Les peintures de Courbet ont remis en question la tradition de la peinture historique, et donc la hiérarchie de la peinture établie par l’Académie. Il peignait des ouvriers de sa région sur d’énormes toiles habituellement réservées aux hautes figures de l’histoire classique, et élevait ainsi ces gens ordinaires au même statut. Tandis que son style antérieur est sombre et fortement inspiré des techniques des maîtres anciens en termes de précision et de sophistication, le travail ultérieur de Courbet démontre un pas de plus en avant dans le rejet du romantisme. Dans son tableau «Les casseurs de pierres», peint en 1849, il renverse la croyance traditionnelle en une harmonie entre l’homme et la nature et choisit de représenter les tâches exténuantes et répétitives accomplies par les ouvriers dans un environnement naturel impitoyable.

Salida del metro, Jesus Nieto Pantoja, 2015, Huile sur Bois, 95 x 130 cm

L’art réaliste a d’abord eu un grand succès en France, puis également dans le reste de l’Europe. Il est devenu une riche source d’inspiration pour les mouvements qui ont suivi. Bien que ce mouvement se soit propagé dans de nombreux pays européens et qu’il ait conservé de fortes similitudes en termes de style et d’idéologie (ce peu importe le pays), il a causé une controverse sans équivalent en France. Le réalisme est initialement né d’une opposition sociale aux traditions institutionnalisées dans le milieu académique de la peinture. Les peintres réalistes s’opposaient aux académies d’art parrainées par l’État, qui apportaient leur soutien uniquement à des genres et des styles picturaux bien particuliers (les scènes de genre ou les scènes historiques notamment). Dans d’autres centres culturels européens, cette approbation académique nationale des scènes de genre était beaucoup moins répandue, et ainsi le nouveau style réaliste n’était pas aussi radical. Le mouvement était populaire en Allemagne et a été préconisé par des peintres tels que Adolph Menzel, Wilhelm Leibl ou Max Liebermann. Des artistes célèbres comme l’américain James Abbot McNeill Whistler et le peintre britannique Ford Maddox Brown ont peint des toiles réalistes qui illustraient le sort des gens ordinaires. L’école Ashcan, composée d’un groupe de peintres réalistes américains vivant principalement à New York au début du XXe siècle, s’inspire énormément du réalisme français du siècle précédent et fournit à son tour les bases du réalisme américain et la représentation de la vie quotidienne parmi les classes sociales les plus pauvres.

And dream of sheep, Caroline POOL, 2017, Huile sur Toile, 30 x 25 cm

Le réalisme et la peinture réaliste font souvent l’objet d’une confusion. En effet, le terme réalisme a longtemps été grossièrement adopté pour désigner des peintures d’un style très réaliste, et réalisées à l’aide de pinceaux spéciaux afin créer des œuvres ressemblant à des photographies. Tandis que l’impressionnisme est par exemple aujourd’hui un terme renvoyant à un style de peinture original, caractéristique et reconnaissable, le réalisme est devenu un terme utilisé pour définir des peintures avec un style plus sobre et traditionnel.

Dans la cuisine, Marc DAILLY, 2017, Huile sur Bois, 30 x 40 cm

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