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Une journée avec Véronique Egloff

Véronique Egloff est une peintre autodidacte française. Ses peintures incroyablement détaillées, faites à la fois d’acrylique et d’encre, vont du style abstrait expressionniste au style lyrique abstrait. Ses sujets sont nombreux, y compris la flore, l’architecture, les animaux et notre relation à l’environnement.

Véronique Egloff

Quelle est la première chose que vous faites au réveil ?

J’allume la radio pour prendre le pouls du monde. J’avale un grand verre de jus de citron tiède pour « assainir » ma foi en l’humanité, puis si je ne suis pas trop pressée, je croque en 5 minutes maxi une page sur mes carnets de dessin en dégustant un café.

Qu’est-ce qui vous inspire à créer chaque jour ?

Quand je créée, j’ai le sentiment de prier. Mes espoirs s’affichent hauts en couleur selon la force de mes intentions. Et pendant tout ce temps de travail, je ne pense à rien d’autre. Je cherche juste à être le plus intensément possible dans les courants vitaux qui animent ma journée afin qu’ils nourrissent mon inspiration, mon corps, ma main.

Confinement 3, 2020
Véronique Egloff

À quoi ressemble votre espace de travail ?

J’ai besoin de 3 espaces simultanément : 2 horizontaux (le sol et une immense table) et un vertical (un vaste mur). Mes toiles, la plupart du temps de format XXL, prennent ces 3 positions pour m’offrir 3 points de vue. Si elles fonctionnent aussi bien horizontalement que verticalement alors je les juge prêtes à être montrées.

Avez-vous des rituels au studio ? 

Non pas particulièrement, je m’y mets, voilà tout ! Cette envie de créer peut naître à n’importe quel moment de la journée, que je dispose de 10 minutes ou de 8 heures d’affilée. Mais ce qui me stupéfait, c’est que l’œuvre réussira toujours à se loger intégralement et définitivement dans ce temps disponible, qu’il soit long ou court.

Je ne reviens jamais sur un travail, car je ne suis plus dans le « flow ». Toutefois, je peux aussi m’arrêter de peindre pendant de longues semaines, voire plusieurs mois. Puis je recommence un beau jour de façon frénétique comme pour rattraper le temps perdu. Cela ne m’angoisse jamais car le syndrome de la toile blanche m’est inconnu.

biodiversité à ma façon, 2009
Véronique Egloff

Décrivez le cœur de votre technique ou style.

Je travaille le plus souvent sur des rébus publicitaires de différentes matières. Je sélectionne très souvent mon support de travail en fonction d’une toute petite chose qui retient mon attention. Un détail sur l’affiche d’origine m’apparaît comme sensible, poétique voire résilient. Donc un bout de slogan ou des bribes d’image vont être sauvegardés et tout le reste va être recouvert par des plis, des collages, de l’acrylique.

Quand savez-vous ou décidez-vous qu’une œuvre est terminée ? 

C’est très simple, ma main se fait gauche jusqu’à finalement ne plus avancer. Je suis très sensible à l’intelligence de mon corps et je la respecte.

Qu’aimez vous faire pour vous détendre après une journée de travail ?

M’asseoir sur une chaise et contempler mon jardin.

Avant de se dire au revoir, pouvez-vous me dire ce que vous préférez dans le processus créatif ?

N’appartenir en cet instant à aucun espace/temps. Ne plus se référer aux unités qui régissent notre quotidien et être son propre univers.

Et comme une œuvre d’art pour moi surgit de la nécessité, j’ai fait mien le conseil de Rainer Maria Rilke dans Lettres à un jeune poète: « aller en soi, soumettre à examen les profondeurs d’où surgit votre vie; c’est à sa source que vous trouverez la réponse de savoir si la création est pour vous une nécessité ».

Indéniablement, côtoyer de plus en plus finement le processus créatif est ma raison d’être. Et entre nous je ne connais pas de plus beau voyage!

Merci Véronique ! Venez vite découvrir d’autres de ses œuvres sur sa page artiste !