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Consommation, Créativité et conserves de soupe: Comment Andy Warhol est devenu une icône ?

Au début des années 1960, l’art américain caractérisé par  l’expressionnisme abstrait ayant connu une grande popularité après la guerre, n’était pas exactement le style d’art où l’on s’attendait à trouver 32 peintures sur toile de boîtes de soupe et à les considérer comme des œuvres d’art. C’était bien là le problème pour Andy Warhol, lorsqu’ il a présenté en 1962 les Campbell’s Soup Cans à la Ferus Gallery d’Irving Blum à Los Angeles. Décrit comme « un imbécile à la tête molle ou un charlatan à la tête dure » par le LA Times. Il est très vite raillé par un marchand d’art voisin qui s’empresse d’acheter une pile de boîtes de soupe et de les placer dans sa galerie – en les annonçant à 2 pour 33 cents, l’accueil est – au mieux – divisible. Mais il ne fallut pas longtemps pour que les rôles s’inversent et que Warhol ait le dernier mot sans équivoque. Découvrez les détails de l’œuvre emblématique ci-dessous

Campbell Soup Cans est l’une des nombreuses œuvres d’art représentées par la Blond Contemporary Gallery, qui collaborera avec Singulart pour une vente exclusive le 10 décembre !

Les tendances changent 

Cette première apparition controversée de Warhol, ainsi que sa série de canettes, allait faire de lui un artiste connu et le propulser au sommet de la scène Pop Art, avant même la fin de l’année 1962. Après avoir d’abord fait de la publicité pour des toiles à 100 dollars l’unité, les Campbell’s Soup Can se vendaient à 1500 dollars en 1964, deux ans plus tard seulement. Et la série n’aurait peut-être même pas connu le succès si elle n’avait pas fait l’objet d’une autre deal. Le prix initial de 100 dollars d’Irving Blum a donné lieu à cinq ventes, mais le vendeur s’est vite rendu compte que les toiles estampillées à la main étaient plus remarquables en tant que collectif. Il a donc acheté chaque Campbell’s Soup Can à chaque collectioner, et a acheté le lot à Warhol pour 1000 dollars. Il a finalement vendu les Campbell’s Soup Can au Musée d’Art Moderne (le MoMA) de New York pour environ 15 millions de dollars, 34 ans après les avoir empilées sur des étagères à Los Angeles, sans savoir ce qui l’attendait.

 

Des hauts et des bas

Le Pop Art est né de l’idée de transformer le banal et le produit de masse en art – ou plutôt de le reconnaître comme un art en soi – en présentant sa banalité comme digne d’attention. Véritable fan de la soupe Campbell’s, en en ayant mangé « tous les jours, pendant 20 ans, je suppose, la même chose encore et encore », Warhol n’a pas cherché à faire une satire du consumérisme lui-même, mais c’est à ce moment la que le Pop Art est entré en scène pour défier le monde des beaux-arts en général.

Prêt, partez, consommez !

Le boom consumériste des années 1960 et la montée du nucléaire américain ont fait de la culture consumériste la norme. Non seulement Warhol a représenté des objets de consommation dans son art, mais son art est également devenu un objet de consommation lui-même : Campbell’s a lancé une édition spéciale de boîtes de conserve signées par l’artiste – à 3 pour 18 dollars, une énorme augmentation par rapport à leur prix initial de 10 cents la boîte. En plus, l’entreprise a sorti une robe en papier en édition limitée en 1966, pour seulement 1 $ – la « Souper Dress », qui vaut sans doute aujourd’hui des milliers de dollars. La fusion de la pop et de la mode était à ce moment-là bien établie, et Campbell’s a sagement choisi de s’en inspirer.

La ‘Souper Dress.’ Image – Metropolitan Museum of Art.

Uniformité unique

 Malgré l’apparente uniformité des boîtes de conserve que Warhol a dépeinte et le monde plus vaste qu’elles représentent, la série résume l’unicité de plusieurs façons. Tout d’abord, la décision de Warhol de traiter de la similitude – la culture et la production de masse – était en soi une démarche ironiquement singulière et inattendue, qui lui a valu la célébrité, la richesse et, comme mentionné, un potentiel statut d’icône. L’art lui-même contient également des subtilités individuelles qui sont d’abord difficiles à remarquer. Chacune des 32 boîtes, par exemple, semble identiques, mais elles sont en fait décorées de différents arômes – les 32 boîtes réelles qui ont été vendues par Campbell’s en 1962, vont de la nouille au poulet aux pois verts, de l’oignon à la chaudrée.

Un jour, Warhol a dit : « Toutes les choses sont belles, mais tout le monde ne sait pas les reconnaître« . Il a peut-être fallu un certain temps pour que les esprits changent et que les yeux s’ouvrent, mais les humbles boîtes de soupe de Warhol reflètent certainement cette idée.

Singulart propose la vente de cette œuvre iconique de Warhol grâce au partenariat avec la galerie Blond Contemporary, dirigée par Phillip Blond pour un montant de 5000£. L’évènement proposé par Singulart a lieu du 10 au 20 décembre.

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